Carol Girod

 

Le talent et le goût ne suffisent pas, seul le style compte.

Je regardais ce soir un reportage du cinéaste Xavier Dolan, et il disait que nos obsessions d’adultes sont des empreintes indélébiles de l’enfance.

Ma passion pour le style, les vêtements et les histoires contées dérive aussi naturellement de mon enfance : issue d’une famille française traditionnelle par mon père et italienne par ma mère, j’ai grandi entourée d’esthétes, de femmes passionnées par le tissu, bercée au son des pédales des machines à coudre Singer. Ma mère, ma grand-mère, les tenues que je portais étaient toutes conçues, tricotées, et cousues main.

Quand je ne servais pas de modèle pour ces belles italiennes toutes vêtues de noir, une première idée du style et de l’élégance, j’accompagnais mon père passionné de photos et de brocantes à la recherche de vieux objets ou vieux meubles. J’apprenais l’art de chiner, de toucher à d’autres matières que le textile, la longue histoire des arts décoratifs. Une éducation en spectatrice, une transmission douce et variée.

Des années collège et lycée j’ai retenu qu’en matière de style, contrairement à l’adage, l’habit fait le moine. Si on souhaite à 12 ans faire partie d’un groupe il faut avoir les justes attributs reconnaissables de la tribu : Le 501, le sac à dos Chevignon, la paire d’Adidas Nastase, les chemises Liberty…Sociologiquement un enseignement essentiel. Adopter les codes pour s’adapter, puis éventuellement les briser si on souhaite les révolutionner ou construire une identité plus authentique.

J’aime profondément l’époque à laquelle je vis, même si l’imagerie, le style, les robes et l’architecture des années 70 m’obsèdent. Internet me fascine depuis ses prémices, et après avoir soutenu un mémoire de fin d’études sur cette révolution, j’ai commencé ma carrière comme acheteuse Mode pour l’Europe au service d’un site internet qui appartenait à Kering.

J’ai officié du côté de la mode chez des équipementiers sportifs : un peu chez Reebok et beaucoup chez Nike. En 2005, parler de mode chez ces grands du sport était difficile. Le Style de la rue a été longtemps méprisé, caché, ostracisé. Mon rôle, à l’aide de personnes singulières, inspirantes, visionnaires, a été de légitimer le look « sport » dans la rue.

Raconter les histoires, l’origine des chaussures, préparer des collections, demandent de comprendre la société, les jeunes, les actifs, les moins jeunes, leurs modes de vie, leurs passions, leurs passe-temps, leur langage, leurs envies. Leur style.

Mes 15 années d’expérience professionnelle, mêlées à ma passion pour la photo et ma curiosité insatiable, m’ont menée naturellement à vouloir raconter des histoires et surtout une histoire : celle du Style Français. Ce style qui fait que notre pays rayonne dans la mode, les arts, l’artisanat et qui inspire le monde entier.

C’est cette histoire que je souhaite retracer aujourd’hui, en m’appuyant sur des articles complets illustrés de photos actuelles, de photos d’archives, d’interviews, afin de tisser à mon tour une pièce unique, le journal du Style Français.

Le style est le vêtement de la pensée Sénèque, Artiste, Dramaturge, Homme d’état, Philosophe ( – 65)

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