Combinaisons. Chapitre 1

    Combinaisons , Jumpsuits, Boilersuits, Sirensuits…

En septembre 2016 The Guardian se demandait dans son édition mode si le « Boilersuit » était le vêtement de la décennie et représentait le symbole de la tendance futuriste.

Vogue, en recensant Les 28 tendances mode du printemps-été 2017 dans son article de Janvier 2017, décrit la Combi-pantalon « comme un vêtement en tête des envies chaque saison, les créateurs ne cessant de le métamorphoser ». Hermès, Isabelle Marant, Vanessa Seward…………., toutes les marques aiment travailler cette pièce simple stylistiquement, donnant une liberté absolue quand à la découpe et les matières à utiliser.

Symbole si féminin depuis son arrivée dans les clubs disco dans les années 70, en lamé ou en satin brillant, adoubé des tribus qui aiment le vintage avec des modèles Workwear ou militaires, ou encore porté par les adolescents depuis quelques années sous forme d’onésie ou de Kigurumi, la combinaison est une pièce essentielle qui retrace l’évolution du vêtement et de l’émancipation des femmes depuis plus de 100 ans.

Avant de se pencher sur l’origine et les changements de la combinaison, il est important de lister tous les termes utilisés pour qualifier une pièce unique de vêtement qui couvre tout le corps sauf les pieds, les mains et la tête.

En français on utilise un même mot : Combinaison ou combi-pantalon.

Mais l’anglais distingue bien des subtilités, chaque mot qualifiant une combinaison avec une particularité d’origine :

  • Coveralls : Traduction littérale : couvre tout. C’est le terme générique et employé dès le 19ème siècle pour parler des combinaisons des travailleurs, en opposition à « overalls » qui sont des salopettes et qui existent elles depuis le 18ème siècle.
  • Jumpsuit : Un vêtement pour sauter (Jump), qui se réfère aux parachutistes qui portent des combinaisons pour une liberté de mouvements et ne pas avoir froid. Anglicisme fréquemment utilisé dans le vocabulaire de la mode.
  • Boilersuit : Ce terme qualifie la combinaison des cheminots qui entretenaient le feu des locomotives à vapeur, qui les nettoyaient et les réparaient. L’homme devait pénétrer par le trou où était placé le charbon et porter une combinaison d’une seule pièce facilitait son entrée, couvrait ses vêtements et surtout le protégeait de la chaleur et des cendres.
  • Sirensuits : Cette combinaison possède la particularité d’avoir une ceinture, un zip ou quelques boutons et d’être large. Elle est très inspirée des boilersuits. C’est un vêtement fonctionnel anglais de la seconde guerre mondiale, destiné à pouvoir s’enfiler très rapidement sur les pyjamas des civils qui, au cours des raids allemands nocturnes, devaient courir aux abris dès que la sirène retentissait.

Le mot Sirensuit reviendrait à Winston Churchill qui fut un fervent porteur de cette pièce avant la guerre et qui contribua a sa popularité pendant la 2ème guerre mondiale et même après le conflit. Il aimait cette pièce, sorte de nostalgie de jeunesse, d’excentricité, de vêtement confortable. Il recevait Roosevelt ou Staline avec ses combinaisons dont une célèbre, à fines rayures blanches, que l’on voit sur plusieurs clichés iconiques du Premier Ministre.

  • Onésie : L’évolution naturelle de la sirensuit de Churchill ? Depuis les années 2000 l’onésie désigne les combinaisons en fleece, larges ou peu structurées. La tendance fleece et notamment des sweats depuis 2010, a contribué à la popularité de cette pièce. Le mot viendrait de la marque Onesies Babies qui appartient à l’entreprise américaine Gerber (les petits pots pour bébés).

Miley Cirus, Rita Ora, Mackelmore, Lily Allen ont été vus dès 2012 avec des onésies, une prolongation de la grenouillère confortable des bébés pour des « presque-adultes » qui fut une grande tendance au début de la décennie. Tendance élue à ce propos « pire tendance de l’année 2012 » par the Independant en Angleterre.

Onésies qui laissèrent place à la folie Kigurumi, combinaison japonaise dont le propos est de s’habiller comme une peluche.

Même si on se rapproche plus du pyjama et de ce qui était un « Union Suit » aux 19ème siècle aux Etats Unis (une combinaison en flanelle à porter sous les vêtements), l’origine des ces vêtements façonnés en une seule pièce, reste la combinaison.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *