Combinaisons. Chapitre 3

 

De Churchill à Rosie : la combinaison pendant la guerre

Aux Etats Unis, les combinaisons sont encore aujourd’hui appelées des « Rosie the Riveter », hommage aux femmes pendant la 2ème guerre mondiale.

 Les 2 grands conflits du 20ème siècle ont été des événements déclencheurs dans l’histoire de l’émancipation de la femme. Pendant la première guerre mondiale, les femmes françaises et anglaises ont commencé à remplacer les hommes dans les usines d’armement, les hommes étant au front. On les appelait les Munitionnettes. Lors de la seconde guerre, ce sont les américains qui dès 1941 sont mobilisés après l’entrée des Etats Unis dans le conflit mondial.

Dans les usines, la main d’oeuvre commence à manquer, beaucoup d’hommes sont au front et les femmes sont appelées à prendre leur place au sein des usines. Le gouvernement souhaite que les femmes soient sensibilisées à l’effort de guerre et entame une politique de propagande à travers le pays. Les magazines féminins sont sollicités afin de promouvoir le travail des femmes dans les usines et d’attirer leur attention.

Le Magazine « War Guide », titra par exemple “The more women at work, the sooner we win.” Plus les femmes travaillent plus vite nous gagnerons. Cette propagande va aller encore plus loin, le besoin de main d’œuvre est pressant et l’appel au patriotisme doit être massif, sincère et symbolique. Rosie devient l’allégorie des femmes au travail pendant la guerre. Elles sont vêtues d’une combinaison bleue et sont fières de participer à l’effort de guerre.

2 “Rosie” vont devenir célèbres :

La première est la célèbre Rosie the Riveter de Norman Rockwell en 1943. Cette œuvre propagandiste est exposée la première fois en couverture du Saturday Evening Post le 29 mai 1943. Les américains découvrent celle qu’on allait appeler “Rosie” : en combinaison-bleu de travail, les manches retroussées sur des bras musclés, tenant un sandwich dans la main gauche, une puissante riveteuse posée sur les genoux et les pieds posés sur Mein Kampf.

Même si son modèle est standardiste et s’appelle Mary Doyle Keefe, l’œuvre prend le nom de Rosie. L’inspiration viendrait d’une chanson très populaire, Rosie the Riveter, écrite par Redd Evans et John Jacob Loeb en 1942, interpétée par les Four Vagabonds et qui disait «  cette jeune fille frêle qui fait mieux que les hommes eux mêmes ».

Cette œuvre est remarquable :

Tout d’abord par l’hommage qu’elle rend tout d’abord à Michel-Ange, la position de sa Rosie adopte la même que le celle du prophète Isaïe sur la chapelle Sixtine. Puis des multiples détails annoncent la détermination des Etats Unis de gagner la guerre : Sur ses genoux est posé un pistolet à riveter semblable à une arme. Il représente le travail et le combat. L’arrière-plan ne laisse apparaitre que le drapeau américain qui semble même flotter, comme un symbole victorieux. Les pieds massifs de Rosie reposent sur le livre de propagande allemand, Mein Kampf, tout petit et écrasé par le personnage.

L’autre Rosie the Riveter est encore plus célèbre, depuis que Beyoncé a posté sur instagram un remake de la photo We can do It. Une image qui représente encore aujourd’hui très fréquemment, les engagements ou les combats des femmes. L’affiche originale fut créée par l’artiste graphique J. Howard Miller en 1942.

Au cours d’une semaine de travail à l’usine Geraldine Hoff Doyle (pas une Rosie non plus mais une Doyle encore) fut repérée et photographiée par un journaliste inconnu. Miller a transformé cette photographie en Affiche pour la Westinghouse Electric Company. Affiche destinée à décourager l’absentéisme et les grèves. Elle n’aurait été exposée à l’usine pendant seulement 2 semaines ! Une célébrité pictographique qui viendra sur le tard.

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