Combinaisons. Chapitre 2

Des champs jusqu’à l’usine

Comme de nombreuses pièces iconiques et intemporelles, la combinaison trouve son origine dans les vêtements de travail aux Etats Unis. Sa structure simple contribue à son succès : Tout d’abord les hommes peuvent la porter pour travailler en toutes saisons, l’hiver en la superposant sur des vêtements, l’été seule à même la peau. Puis les femmes peuvent les confectionner très facilement avec n’importe quel tissu disponible.En effet au 19ème siècle et même au début du 20ème, ce sont les femmes qui confectionnent les vêtements,  généralement à partir de leur propre savoir faire hérité de leur mère, ou bien à partir de patrons vendus dans quelques boutiques ou par l’intermédiaire de marchands ambulants

La révolution industrielle va rendre cet habit populaire et faire progressivement évoluer les codes. La couleur va tout d’abord distinguer les métiers :

  • La combinaison blanche (plutôt écrue, couleur naturelle de la toile de coton), sera celle des peintres

 

  • La combinaison rayée devient celle des cheminots. Son motif est nommé hickory, soit un tissu rayé bleu et blanc en coton qui est emblématique des marques Oshkosh, Dickers ou même Carhartt. La tenue des travailleurs est toujours complétée par un bandana rouge et d’une casquette afin de protéger au maximum le corps et le cou des cendres qui jaillissent de la chaudière

 

  • Le bleu de travail est la couleur des ouvriers, l’indigotier étant une plante importée des Antilles qui pousse facilement partout dans le monde. Le bleu de travail devient aux Etats Unis et en Europe l’uniforme des ouvriers et caractéristiques de cette classe sociale. Le lavage n’étant pas quotidien, et les métiers des ouvriers étant salissants, il est vital de façonner et concevoir les vêtements de travail avec une toile moins salissante que le blanc.

L’évolution des coveralls aux Etats Unis est naturellement le Denim, tissu en coton également mais composé d’un entrelacement d’un fil de trame clair avec un fil de chaîne teint ; son processus de délavage est progressif, offrant une patine caractéristique. Ce sont ces pièces là qui sont les plus prisées des collectionneurs, la patine, ou « usure », racontant à chaque fois une histoire à part entière de l’utilisation du vêtement ( dans les champs, les usines, les mines…).

C’est au tournant de la seconde guerre mondiale que cette pièce du vestiaire workwear va franchir l’atlantique et conquérir les femmes. Les combinaisons très couvrantes et faciles à passer vont tout d’abord servir de surpièces pour les parachutistes et les pilotes de chasse.

Elle peut se porter sur les uniformes tout comme le faisaient les travailleurs. C’est le cas des mécaniciens notamment dans tous les corps de l’armée. Elle devient après la guerre un vêtement militaire des armées de terre, navales et de l’air, jusqu’à devenir une combinaison spatiale dès les années 60.

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