Quand le meilleur scoreur de la NBA portait des chaussures fabriquées en France

 

Le Basket Ball n’est pas le sport le plus populaire en Europe, pourtant il a largement permis à la chaussure de sport de devenir le phénomène qu’il est aujourd’hui. De Jordan à Kobe Bryant en passant par Scottie Pippen, les marques de sport ont toutes désormais des contrats de plusieurs millions avec des sportifs de haut niveau. Avoir un modèle à son nom étant une sorte de Graal pour un athlète.

Le premier pro-model (ou « Signature » en français) date de 1917. Converse décida de donner le nom de Chuck Taylor à son modèle phare, la All Star.

Il faudra attendre 1971 pour qu’Adidas réitère une opération comme celle-ci avec un athlète, ouvrant ainsi une nouvelle ère de collaboration entre les marques de sport et les grands sportifs.

Dans les années 70, la Pony était la chaussure officielle de la ABA, la American Basketball Association (nom de la ligue de basket jusqu’en 1976), avec 2 types de modèles la Uptown (montant) du Midtown (basse).

Mais en en 1969 les superstars Adidas connues également sous le nom de «Shelltoes», (pour la ressemblance de la toebox, avant de la chaussure avec un coquillage) vont attirer de grands joueurs de baskets comme Kareem Abdul Jabbar, “Pistol” Pete Maravich, et Jerry West.

En l’espace de 3 ans la chaussure, grâce au talon rehaussé qui offre une protection du talon d’Achille, est portée par près de 75% des joueurs de la NBA.

Cet engouement mène la marque au Trèfle à proposer une collaboration avec le plus grand joueur de l’époque. Une révolution dans le monde de la chaussure de sport est sur le point de naître : Adidas prend la décision de créer en 1971 un premier pro-modèle pour un des plus grands joueurs qu’a connu la NBA : Monsieur Kareem Abdul-Jabbar.

Né Ferdinand Lewis Alcindor (il se convertit à l’Islam pour sa première femme) le 16 avril 1947 à New York, Kareem est un joueur d’une grande longévité considéré comme le plus grand joueur universitaire américain. Il a en effet remporté à trois reprises le titre de champion de la NCAA (le championnat américain qui oppose les équipes des universités des Etats Unis) et trois titres consécutifs de meilleur joueur du tournoi NCAA, fait unique dans l’histoire.

KAJ est aussi considéré comme l’un des meilleurs joueurs de l’histoire de la NBA, récompensé de six titres de NBA Most Valuable Player

En pro il joua avec 2 équipes : de 1969 à 1974 pour les Milwaukee Bucks, qu’il rejoint alors que The Harlem Globetrotters lui offrent un contrat de $1 million.

Puis de 1975 à 1989 il rejoint l’équipe mythique des Lakers de Los Angeles.

Ce grand joueur est à l’origine d’un geste sportif qui lui est propre :

Le skyhook, dérivé du hookshot traditionnel, Kareem arme au-dessus du cercle avec son envergure de bras impressionnante. Seul Wilt « The Stilt » Chamberlain son éternel rival parviendra à le contrer en 20 ans de carrière.

Cet athlète de haut niveau est plus qu’un joueur de basketball : Il est également écrivain depuis 1983, date à laquelle son premier livre Giant steps est édité. C’est une autobiographie, le titre étant un hommage à l’album de John Coltrane, Giant Steps.

Mais KAJ est aussi un activiste, depuis sa participation en 1968 à l’organisation Olympic Project for Human Rights, dont le but est de lutter contre la ségrégation raciale aux États-Unis mais aussi dans le monde, principalement en Afrique du Sud. Il boycottera notamment les JO d’été de 1968.

40 ans plus tard il fait une apparition dans le clip Yes We Can en soutien à Barack Obama puis est nommé en 2012 par Hillary Clinton, ambassadeur culturel auprès du président des Etats Unis.

C’est une véritable figure emblématique américaine, un homme qui inspire par ses combats, son jeu, et également son look.

Du haut de ses 2,18M, il possède une élégance naturelle, un look bien à lui notamment avec ses lunettes de protection qu’il porte suite à une blessure en championnat universitaire.

Cette silhouette reconnaissable lui a permis aussi de se faire une petite place sur les écrans de cinéma ou de TV, il est notamment apparu dans des comédies (En 1980, il tourne dans le film Y a-t-il un pilote dans l’avion ? de Jim Abrahams où il joue le rôle du copilote Roger Murdock). Grand amateur d’arts martiaux, il joue aux côtés de Bruce Lee, qui fut son professeur à la fin des années 60, dans « La Fureur du Dragon », où la scène de combat final est mémorable tant la différence de taille entre les 2 sportifs est exceptionnelle.

Les Premières sneakers Kareem Abdul Jabbar étaient blanches, les bandes Adidas bleues, et étaient étonnement « High » (Montantes). Une particularité audacieuse à une époque où les chaussures de sport montantes étaient une exception.

Les gammes ont été déclinées en versions hautes et basses, mais les plus emblématiques demeurent les High.

Kareem ne sera pas toujours fidèle à Adidas, il portera ensuite des Pro-Keds, reviendra à Adidas, mais sera vu également portant des Converse et des LA Gear dans ses dernières années aux Lakers.

De l’histoire fabuleuse des pro-modèles, nous retiendrons l’innovation et l’audace d’Adidas en 1971. Ces chaussures, aujourd’hui devenues des trèsors pour les collectionneurs, étaient presque toutes fabriquées en France dans les années 70. Ici sur les photos de notre collection personnelle, 2 paires de Adidas High KAJ de 1975, une paire toute blanche (Full White) et une paire blanche avec overlays argentés et stitching rouge. 2 paires Made in France.

 

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